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Deux mois d'allaitement

Je vous raconte aujourd'hui les première semaines de mon allaitement.

Ici pas de prosélytisme. Simplement mon retour d'expérience en ce début d'aventure à deux.

 

Je ne me suis jamais posée la question de l'allaitement ou non. Ma mère m'a allaité et pour moi, naïvement c'était évident que l'on allaite son enfant quand on a pas de problème particulier.

Déjà plus jeune, j'avais des complexes à cause de ma très grosse poitrine. Je n'ai même pas cherché à être opérée, souvent la réduction mammaire affecte les canaux lactifères... Alors je me suis toujours dit que je m'en occuperai après avoir eu mes enfants.

 

 

C'est en m'intéressant à l'allaitement de plus près pendant ma grossesse que j'ai compris qu'allaiter est naturel mais pas inné. Et c'est là que j'ai commencé à flipper... Et si je n'y arrivais pas ?

Cela dit j'étais rassurée de savoir que nous sommes toutes capables de produire du lait, sauf cas particulier qui ne me concernent pas.

 

Je tenais vraiment à allaiter, pour les bienfaits nutritionnels, pour cette relation de complicité avec son enfant. Et aussi l'aspect financier et pratique, pratique dans le sens où je peux faire un aller retour quelque part, mains dans les poches.

 

Pour tout vous dire, j'avais plus peur de ne pas arriver à allaiter Faustine que d'accoucher d'elle !

Je me suis donc renseignée, en échangeant avec des mamans, et en me munissant de mon petit kit de l'allaitement. J'ai donc acheté l'incontournable Manuel très illustré de l'allaitement ; des coquillages, de la lanoline et des coussinets lavables.

 

Voilà, je viens d'accoucher, et l'on me demande très vite comment souhaite je nourrir mon enfant.

J'avais hâte de voir comment Faustine allait réagir. Pendant qu'on me prodiguait les derniers soins, mon bébé faisait du peau à peau avec son papa, elle chouinait et essayait de téter son père. Ça nous a fait rire, et je me disais que ça allait le faire.

 

Enfin on m'a posé ma petite sur le buste, très vite elle s'affole et cherche mon mamelon. Bon avec une très forte poitrine c'est pas aussi easy que ça, je ne sais pas encore faire, et j'ai peur de l'étouffer lol. Mais on y arrive !

Je suis encore shootée à l'amour et je ne sens pas vraiment les succions, mais ça ne ressemble pas à une tétée smooth de film hollywoodien ; du genre dans un nuage avec de la harpe en fond... Je m'y reprends à plusieurs fois, elle pleure, le brassard de prise de tension me fracasse, et je suis toujours branchée de partout..

 

A chacune de ses demandes, je prends soin qu'elle ait la bouche bien ouverte et saisisse bien le mamelon, qu'elle soit bien positionnée. Ma poitrine l'écrabouille, elle bouge, c'est dur. Je n'y arrive pas.

Très rapidement je demande à une sage femme comment me positionner.

 

Oui oui j'avais bien potassé mon manuel et pourtant j'avais tout oublié. Puis la théorie et la pratique hein... Bref, une SF super me montre la position allongée.

Je galère toujours à ce que Faustine saisisse le mamelon. Pourtant je titille la partie entre le nez et la lèvre supérieure etc etc

C'est donc la SF qui met mon tétons dans sa bouche, et là slurp, je sens qu'elle aspire avec beaucoup de vigueur. La sage femme me rassure et me dit qu'elle a une bonne succion, que ça va le faire.

 

Sauf que je douille, mais je douille. Ça me lance depuis le cœur, je n'ai pas envie d'avoir des crevasses, et si j'ai mal c'est qu'on s'y prend mal. Mais je prends sur moi, et je me dis que je ne lâcherai pas. La même SF formée en lactation m'explique que les décharges que je ressens sont dues aux hormones qui ordonnent le réflexe d'éjection, et que ça ne durera pas. Ça me soulage.

Mais je ne suis pas plus à l'aise pour autant !

 

La première nuit Faustine a beaucoup dormi, les heures passent et elle ne tète pas. Une auxiliaire me dit qu'il faut la réveiller toutes les trois heures. N'étant pas à l'aise avec cette idée, je demande à une des SF qui me dit que je peux attendre jusqu'à 6h, et sans réveiller bébé, lui proposer le sein juste en la posant contre le mamelon. La nuit passe et les petites tétées s’enchaînent.

À chaque succion j'ai vraiment mal, et je me dis que ça va passer. J'applique de la lanoline et je pose les coquillages sur mes tétons. Ça soulage. 

J'ai le souvenir d'avoir détesté cette matière collante, j'étais collante des pieds à la tête d'ailleurs... Il fait 50° dans cette chambre et je sue des litres... J'ai horreur de transpirer, je peux vous dire qu'avec la grossesse, puis l'accouchement et enfin le maternage, on sort de sa zone de confort et on dépasse ses limites !

 

La journée passe, Faustine est pesée et bien sûr après le méga caca méconium qu'elle a fait, elle a perdu du poids. C'est dingue comme certaines professionnelles peuvent nous foutre l'angoisse à ce sujet. Même nous quand on va à la selle sommes plus léger après... Qui se pèse avant d'aller aux chiottes sérieux...

Mon bébé commence à s'agacer aux alentours de 17h, je fais donc partir la famille qui est venue lui rendre visite.

 

On se préparait à la nuit de java, la montée de lait. Il faut le vivre pour le croire ! Heureusement j'étais renseignée sur le sujet et prête en quelque sorte. On attaquait le marathon des tétées. Je n'ai pas souhaitais donner le relais à mon mari, on me l'a conseillé, pour pouvoir dormir. La nuit a été très longue, mais remplie d'amour. Notre équipe mère/fille commençait à se former avec une complicité certaine. Faustine n'a pas pleuré une seule fois, aux premiers signes d'éveil elle était sur moi. On a dormi toute lovée. Enfin dormi est un bien grand mot. Elle s'est endormie pour quelques heures vers 6h, quand les IDE viennent te réveiller pour prendre ta température etc... à 7h30 nouvelle équipe. Bref, j'étais crevée. Mais je me souviens encore de ces instants pleins de tendresse.

 

Après le petit déj mon mari est rentré à la maison récupérer des affaires et tout et tout. J'étais seule avec ma petite fleur. J'ai mis notre playlist musicale, et là... j'ai chialé, mais j'ai chialé comme jamais. Mes émotions étaient embrouillées, j'étais émue de regarder mon bébé, effrayée à l'idée de ne pas être une bonne maman, et puis la troisième raison bien tu sais juste que c'est à cause de la dépression hormonale.

Pas le meilleur jour pour que l'on vienne me titiller. Bien évidement c'est arrivé. Pour faire court, j'ai eu droit à une leçon archaïque sur l'allaitement. Comme Faustine avait encore perdu du poids, c'est que je donnais mal le sein. Donc l'auxiliaire et sa stagiaire m'ont observé. Elles sont venues secouer Faustine qui somnolait, en lui disant « allez allez quand c'est l'heure du repas on ne dort pas. » J'étais perdue, et si elles avaient raison ? Non non ce n’était pas possible ?? La stagiaire qui me sort : « elle doit téter toutes les 3 heures hein, et si elle ne se réveille pas, réveillez là avec un peu d 'eau froide sur le crane ou les fesses... »

Salut on est en URSS, nous avons les moyens de vous faire téter !

Quelle torture. J'ai mis fin à cette visite, et j'ai pleuré de plus belle. Jamais je n'infligerai ça à mon bébé bande de tarées !

 

Heureusement, l'équipe du soir était top et prenait le temps d'échanger avec nous.

Je peinais toujours à mettre Faustine au sein. Aussi mon mari qui avait écouté attentivement les SF, est rapidement venu m'aider. Au moment de la tétée c'est lui qui attrapait mon mamelon pour le proposait à Faustine. Il m'a beaucoup rassuré et aidé.

Aussi au 5 ème jour, Faustine avait repris du poids, on avait le feu vert pour rentrer à la maison !

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C'est ce dernier jour où j'ai donné une vraie tétée, pleine de lait, sans douleur et avec l'expression repue sur le visage de ma petite. J'étais aux anges.

 

 

De retour à la maison j'ai eu une inflammation au sein droit, non douloureuse mais pas agréable. J'ai testé le chou, les massages etc, ça a mis un petit temps avant de partir. Mais le sein était souple et non douloureux.

 

Mis à part ça, l'allaitement était lancé. J'étais fière de moi. Aussi j'ai pu m’entraîner rapidement, avec un premier pic de croissance. Pareil, il faut être un minimum au courant concernant ces jours de pointe, ça surprend !

 

Le cododo facilite l'allaitement la nuit. Je suis bonne dormeuse, alors je propose le sein et me rendort aussi sec. Je ne peux pas vous dire exactement combien de fois ma fille vient au sein. Cela varie, selon ses besoins. Après tout, c'est l'intérêt de l'allaitement à la demande non ? Et je peux vous dire que ça me gonfle sévère quand on me dit qu'elle devrait téter comme ceci ou comme cela, que je devrai espacer les tétées pour dormir. Sachant que je ne me plains absolument pas de ce rythme, et que l'on dort vraiment bien. Le lit de Faustine est ouvert et collé au mien (modèle Fabimax) . Il lui arrive aussi de dormir entre son père et moi, sur le coussin d'allaitement pour être à notre hauteur. Pour l'instant elle ne dort que très peu dans son lit. Cela nous convient à tous les trois !

 

Je peux dire que l'on ne doit jamais s'avouer vainqueur dans son allaitement. Je sais que nous sommes parties pour quelques temps avec Faustine, au moins jusqu'à la diversification alimentaire, après ce sera selon ce qu'elle veut elle. Mais on peut toujours avoir quelques désagréments. Notamment les engorgements qui peuvent virer à la mastite. J'en ai fait une récemment et je peux vous dire que je ne laisserai plus mes seins se remplir comme ça ! 39 de fièvre et des douleurs similaires à un état grippal. Ça a durée 2 jours et une nuit. D'ailleurs si ça dure plus de 48h allez chez le médecin !

Pour régler le problème, j'ai fait téter sur ce sein plus que l'autre (que je vidais au tire lait), j'ai pris plusieurs douches où j'ai massé à l'eau très chaude puis exprimé le lait, ainsi qu'une prise d'ibuprofène (pour l'inflammation) et doliprane pour la fièvre. Heureusement que mon mari était là, j'avais tout juste la force de donner le sein !

 

Vient ensuite le Réflexe d’éjection Fort (REF), quand ton sein est une fontaine. Très souvent bébé s'agaçait, repoussé le sein... J'ai vite compris pourquoi. Un REF peut avoir des conséquences sur votre bébé, il faut donc s'en occuper. J'ai arrêté les aliments galactogènes, je consommais pas mal de dattes, de sésame dans mon porridge à l'avoine... J'exprime du lait pendant la tétée, ou juste avant quand je sens que Faustine va réclamer. Et depuis peu je teste le tire lait ventouse Haakaa (disponible ici). Je vois une réelle amélioration depuis que je l'utilise. En plus d'aider à régler mon soucis de REF. Il permet de récolter le lait qui s'écoule du sein quand on fait une tétée avec l'autre ! Pas de gaspillage !

J'envisage de passer quelques fois le relais à mon mari pour aller faire un petit footing ou quelques longueurs à la piscine. J'imagine donner le bibi cuillère ou une softcup. Je crains le risque de confusion, mais c'est surtout que Faustine ne veut rien d'autre! 

 

Il faut un petit temps pour trouver son rythme et que ce moment soit reposant et agréable. Une chose est sûre, malgré les quelques désagréments, j'adore allaiter. Je suis fière de moi, et il est clair qu'allaiter fait du bien à son égo, on se sent aimée et utile à son enfant. Je ne me lasse pas des petites geste que Faustine fait lorsqu'elle est au sein, ses petites mains qui travaillent, comme un petit chat, nos longs regards plein d'amour, ses rires (eh oui déjà!) et ses petits gazouillis. Enfin je vis un allaitement digne des films ! Si c'est ce que vous souhaitez i faut vous accrocher ! Et surtout si vous n'y arrivez pas, ne culpabilisez pas. C'est quand même très difficile car être maman ce n'est pas qu'allaiter, il y a tout ce que l'on doit faire et être qui est aussi difficile et demande beaucoup d'énergie !

Chacune fait comme elle peut avec tout l'amour qu'elle a en elle, et c'est surtout de ça dont a besoin un bébé, de l'amour, beaucoup d'amour !

 

Merci de m'avoir lue

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