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La naissance de ma fille

Voilà quinze jours que mon bébé nous a rejoint, je peux maintenant vous partager le récit de mon accouchement, dans les grandes lignes bien évidemment!

Comme d'habitude, je vous implante un peu le décor...

Nous sommes vendredi 22 février, je me lève pour aller aux WC, et je trouve sur la table un bouquet de 10 roses rouges, offert par mon mari pour célébrer nos 10 ans de rencontre. 10 ans ! Comme le temps passe ! J'avais presque 19 ans et lui 25 ! J'adore penser que lorsque nous nous sommes rencontrés on imaginait pas une seule seconde la vie qui nous attendait !

 

Mon ventre est tout rond, bébé bien au chaud...

 

Ma date prévue d'accouchement est le 6 mars, on a encore un peu de temps ! Et d'un côté, je me suis répété tout au long de la grossesse que ce serait très drôle que notre bébé naisse le 22 février, notre petit cadeau d'anniversaire de l'amour...

La journée passe tranquillement. Avant on fêtait nos anniversaire de rencontre dans de super restaurants, petit tour au spa... Cette fois nous avons fait des emplettes pour bébé et on se disait que le dimanche 24 on se ferait un resto asiatique à côté de la maison.. Le samedi 23 c'était soirée pizza en famille pour les 35 ans de monsieur. Un premier pas dans la vie de parents à s'organiser en fonction lol

 

Je n'ai pas eu de douleurs de toute la grossesse, du moins pas assez fortes pour m'en plaindre. Mais comme je le disais aux copines sur instagram, ces quelques jours étaient bien plus difficiles. J'avais bien mal au niveau des hanches et du bassin. Le passage de la position allongée à assise puis assise à debout devenait bien douloureux. Mais je me disais qu'en fin de grossesse c'est tout à fait normal. Après un passage aux WC (oui 36 fois par jour) j'observe un peu de bouchon muqueux, je le dis à mon mari qui me fait des gros yeux,

mais on sait que ce n'est pas forcément annonciateur du travail qui s'enclenche...

,La journée se finit, mon mari part bosser, et moi je m'affaire à la maison. J'hésite à faire une tournée de croissants... En fait je suis super fatiguée, j'ai hâte de manger et me mettre au lit. Entre temps ma belle mère m'appelle, on plaisante sur le fait que mon bébé ait attendu le retour de vacances de ma sœur, et la soirée pizza du lendemain. On se dit même … «  ça se trouve j'accouche là, et la soirée tombe à l'eau ! ». J'ai mal au ventre, je prends une douche, mange une petite choucroute et rejoint le lit, trop fatiguée pour faire même un peu de tricot.

 

22h une douleur dans le ventre...

Est ce que c'est ça une contraction ?! Je le dis à mon mari qui me dit : « à ce qui se dit, quand on en a une on le sait. » Il est au travail, et on plaisante, je lui dis même qu'il faut que la petite l'attende !

Bon eh bien 10 minutes plus tard... encore cette douleur, et ce 4 fois aux mêmes intervalles !

Je préviens ma mère et ma sœur (qui était à San José au Costa Rica dans l'attente d'embarquer pour 12h de vol!)

Je télécharge une application pour compter les contractions. Elles s'intensifient et se rapprochent. Mon mari fait le nécessaire pour qu'on vienne le relever au boulot. Je ne me vois pas partir sans lui mais il n'est pas encore là. Ma mère vit à 45 min, est ce que je lui dis de venir ? J'attends pour voir s'il ne s'agit pas de faux travail ?

 

22h45 je boucle la valise,

et je me mets bien en position dès que je sens arriver une contraction : buste en avant, genoux pliés et périnée dans le vide (et tchic et tchac et tchic et tchac ah han les pouces en avant les coudes en arrière x) )

C'est douloureux mais largement supportable, mes règles m'ont fait beaucoup plus mal que ça !

Je pense à présent qu'il ne s'agit plus de faux travail, les contractions sont de plus en plus intenses et rapprochées.

Minuit mon mari arrive, on se douche, on check la maison et tout excités nous partons à 1h. J'ai mal mais en respirant et me focalisant sur la respiration j'encaisse plutôt bien. La position assise en voiture reste cela dit vraiment pas agréable ! Mon mari me raconte des anecdotes de son enfance, et je ris, je ris à en avoir encore plus mal au ventre. Et vient alors la fameuse envie de « de faire caca » , ça nous fait rire, on comprend que dans quelques heures on rencontrera notre enfant. Le trajet s'effectue vite, 1h30 on arrive sans encombre aux urgences mères/enfants.

 

C'est désert.

On me prend en charge, mon mari va se garer. Ensuite on traverse l’hôpital pour rejoindre le bon pôle. J'ai une contraction toutes les minutes. Alors le trajet est un peu long, je fais des pauses pour bien aider bébé à ouvrir le col en adoptant la bonne position.

J'avais pris soin d'appeler les urgences pour avertir de mon arrivée. C'était vraiment dé-sert.

Une infirmière toute zen me propose les premiers examens (pipi) et pesée. J'ai donc pris 14kgs en tout ! On bascule dans une autre salle où une sage femme étudiante de dernière année et une sage femme titulaire arrivent.

En les attendant on s'est bien sûr amusés dans la salle, on s'est mesuré sur la toise, merde j'ai perdu 4 cm pendant la grossesse x)

Les deux professionnelles sont super sympas, on passe à l'examen du col. La SF me demande si j'accepte que ce soit l'étudiante qui m’ausculte. No problemo !

Je vous passe les détails... Elle me regarde, prend un air un peu choqué, et dit à sa tutrice, euh pour moi elle est bien à 7 là.

What ? Je regarde mon mari, IMPOSSIBLE. Je suis une pétocharde, je tombe dans les pommes quand j'ai mes règles !

Plus très sûre d'elle, c'est la titulaire qui m'examine, et là c'est bien ça, je suis à 7. Nous sommes tous un peu surpris car je tiens visiblement bien la douleur ! «  on a pas votre tête à 7 en général » .

Elles me demandent alors si je souhaitais la péridurale, car réussir à encaisser comme ça à 7, c'est vraiment pas mal.

Elles ont réussi à semer le doute...

Avant d'être enceinte j'imaginais accoucher sans péri, mais au fur et à mesure, ma peur de la douleur a pris le dessus, et j'ai donc pris la décision que ça serait un accouchement avec péridurale. Je ne me suis donc pas du tout conditionnée à accoucher sans.

On décide de dire à l'anesthésiste que j'étais dilatée à 6 afin d'en bénéficier. Après il est trop tard.

Je suis la seule à accoucher. Tout le monde est au petit soin. Mon mari se change. On m'installe. 10 min après l'infirmière anesthésiste vient tout préparer. Et là je commence à douiller. Les contractions sont terriblement douloureuses, je n'avais encore pas émit de son et là je commençais à gémir. Oh la la j'ai trop mal. Je tremble, et le temps me paraît interminable. Tout en préparant le nécessaire, l'infirmière fait le décompte de la contraction, et me donne un rythme pour souffler et me détendre. Ça fonctionne ! Je ne saurais jamais si ces contractions étaient plus douloureuses ou si c'est le fait d'attendre un analgésique qui me fait relâcher mes efforts. J'ai tellement mal que j'en oublie ma peur des aiguilles.

L'anesthésiste rentre, se présente et me félicite. Elle se prépare, je rigole on dirait un épisode de greys. Elle se savonne jusqu'aux coudes, se brosse les mains les ongles... je suis déjà en position. Tous ces petits détails m'aident à ne pas focaliser sur la douleur qui est maintenant insupportable. J'ai envie de vomir, d'aller à la selle, de pleurer, le temps paraît long. Pourtant mon mari me dira plus tard qu'il n'est pas resté 30 min dehors. J'ai compté 4 contractions affreuses, mais chaque minute... ça devait faire plus.

Allez c'est parti, elle profite d'une contraction pour faire la première anesthésie, je suis face à l'infirmière qui me tient les mains et respire dans mon oreille, on bosse ensemble. Je m'enferme dans ma bulle. Je respire et me détend.

Moi qui ait peur des aiguilles, je sens à peine de petits picotements. Puis vient la péridurale, j'ai l'impression que l'on me trifouille à la fois l'estomac et à la fois les chicots. Elle m'explique qu'elle passe entre les ligaments. Je sens alors une forte pression, je demande si c'est le produit. Elle me dit qu'elle a déjà fini, et que la pression que je ressens c'est son poing à elle, pour éviter que j'ai un bleu trop répandu. Ça a fonctionné, le bleu était de la taille de l'ongle de mon pouce.

Voilà le produit est injecté, je sens du chaud, du froid, et j'ai les contractions qui fracassent. Je n'ai jamais ressenti pareil douleur, mais je reste digne en me disant oh pas de scandale tu es une valkyrie, tu as tenu jusqu'à 7 ! Je demande toutefois en combien de temps l'anesthésie va agir, quand elle me répond 20 à 30 minutes, je me fissure un peu en faisant le calcul des contractions que je vais encore encaisser. Finalement, le produit agira de suite.

J'ai senti mon bassin s'engourdir, et les contractions n'étaient plus qu'une sorte de pression au niveau de la zone anale.

Je me détends complètement. Les sages femmes reviennent, mon mari aussi. Il est 2h25. La SF m'ausculte, et me dit : c'est bien vous êtes à 9 ! QUOI ?! J'ai pu ressentir des contractions au delà de 7, je me sens super fière, et je ne regrette absolument pas mon choix. Ces quelques minutes m'ont épuisé. Je ne me sentais pas capable d'encaisser plus que ça, sachant l'effort que les poussées allaient me demander. On imagine jamais la douleur que c'est avant d'y être confrontée! Les petits maux de grossesse...c'est du pipi de chat à côté de ça !

 

Peu après tout le monde s'affaire, un peu en panique autour de moi. Au monito, ya un truc qui cloche... Je tremble j'ai froid, ça me démange, mais ça va.

On me dit : ya quelque chose que bébé n'a pas apprécié. Visiblement une contraction qui a duré 3 minutes, et qui a bloqué l'arrivée d’oxygène chez bébé. Notre tension chute et je reçois une injection d'éphedrine pour relancer. On me met sur le côté. Je vois les grimaces de toutes les filles, oui équipe 100% féminine !

Je m'inquiète. Mon mari me rassure de loin. Je demande directement : ça sent la césarienne ? Ça me foutrait un peu les boules d'être arrivée jusque là pour subir une cesa. La SF en chef ne se prononce pas. On fait tout pour que bébé reprenne du poil de la bête, J'ai froid, super froid. Mon mari me réchauffe, et on patiente. OUF les injections ont fait effet, on surveille ma tension et celle de bébé, tout va bien.

 

Me voilà à dilatation complète. Bébé descend, mais doucement. On me dit qu'on attendra maxi 3h avant de se mettre à pousser.

J'en profite donc pour dormir un peu. On vient me changer de position de temps en temps pour libérer mon bassin.  Et aussi vider ma vessie. On rigole un peu avec les SF. J'ai mangé de la choucroute et mon corps ne se contrôle plus. Je m'en excuse en rigolant. On attend... On envoie quelques SMS à la famille, tout le monde dort encore.

Je perds les eaux, étranges sensations !

 

 

Je subis un autre examen, enfin mon bébé. Comme le temps est long, on va lui prélever in utero une goutte de sang, par son crâne pour vérifier son taux d'oxygène. Tout va bien on peut continuer à patienter.

 

Les SF reviennent, avec une nouvelle aide soignante, elle est plus âgée et aussi sympa.

La première AS qui m'a fait une petite toilette est venue me dire au revoir quand elle a finit sa nuit. Tout le monde est vraiment adorable. Et je suis toujours la seule à accoucher.

Il y a de nouvelles têtes, d'autres SF, des internes.

On m'installe, on revoit comment pousser. Du moins comment respirer. Il est 7h30. C'est parti. Je vide mes poumons, je prends une grande inspiration, et c'est parti. Je pousse, les yeux fermés, dans ma bulle. Je me tiens par les cuisses, on pousse mes pieds, et on m'encourage « allez allez allez allez allez » .

Je recommence 2 fois. C'est intense. Au début, je tiens super longtemps. Mon amour de mari est là, il m'encourage, me réconforte. Je suis crevée et bébé ne descend pas comme il faut. On me dit donc que le médecin doit venir au bout de 30 minutes de poussées. Elle me fait une écho, et voit que bébé regarde en arrière. Mon bébé rêveur ! En descendant elle a voulu dire au revoir au petit nid qui l'a accueilli pendant presque 9 mois.

De manière plus prosaïque, elle s'engage mal et présente sa tête de face plutôt que par le sommet du crâne... et pour un premier accouchement apparemment c'est dur me dit la SF en chef... Bon ça veut dire quoi au juste ?

Le médecin nous montre la ventouse, et me dit qu'elle va devoir utiliser ça pour remettre bébé en dans l'axe. Ai je le choix ? Non pas vraiment.

 

Allez c'est parti ! Je sens que ça fait effet. Oh punaise, je pousse, à bout de force, mon mari me soutient la nuque pour que je reste pliée. Il m'encourage, sa voix me fait tellement de bien. Je me sens trop nulle d'être fatiguée comme ça. Il crie allez vas y, la tête est juste là, je la vois ! Je pousse, et je me sens partir, je ris je pleure je tourne de l’œil, je ne vais jamais y arriver. Je sens sa tête qui est là, elle me paraît avoir la taille d'une pastèque ! C'est vraiment dingue de sentir sa zone génitale écartelée comme ça! Je ressens tout, mais ne souffre pas vraiment.

Mais je tourne de l’œil, et là, l'AS me claque la cuisse et d'un ton sec me dit allez on y va arrête toi là.

Ça m'a donné un coup de fouet, je pousse je pousse et encore. On fait une petite pause. Tout le monde est en haleine, et je dois assurer. Mon mari a sa tête à 5 cm de la mienne, je vois ses yeux pleins d'amour et de confiance : « allez elle est là, tu y es presque ».

Je me ressaisis, l'équipe me demande de bien écouter. Pousser quand elle me le dit, et souffler quand elle me l'ordonne. Okay !

Je pousse, je souffle, et là je sens la tête de ce petit humain qui a grandit en moi passer. Les 2 SF crient : soufflez soufflez ! Je m'exécute, poussez !!! soufflez !

Et là je sens son petit corps qui se détache de moi.

Tout le monde crie de joie, je tends mes bras pour l'attraper en même temps qu'on l'enroule dans un molleton. Mon bébé est là sur moi, les yeux grands ouverts. Elle est si belle. Sa sortie a été si rapide, je la regarde, elle me regarde, je regarde mon mari.

Notre bébé est né, notre petite Faustine. Je ne réalise pas. Tout un tas d'émotions s'entremêlent, c'est dingue. Je suis maman. Son petit corps tout chaud contre le mien, elle crie, sa voix est la plus belle que j'ai entendu. Nous sommes tombés en amour immédiatement.

« Papa vous coupez le cordon ? » j'étais ravie, et mon mari ne savait plus où il était. Cordon coupé, je profite qu'elle soit là sur moi.

 

La sage femme vient ensuite la chercher, lui fait quelques tests, Papa est à côté d'elle. Et moi les deux jambes en l'air, mais je suis anesthésiée d'amour et ne regarde que les deux personnes que j'aime le plus au monde.

Très vite Faustine est débarbouillée et mise en peau à peau avec son papa. Elle cherche à le téter et ça nous fait rire.

 

Quant à moi, j'attends toujours sur la table. Un nouvel infirmier vient, il me refait une dose de péri. J'expulse le placenta, et on est pas sûr que tout est là... Je vais avoir droit à une grosse vérif, puis 1h30 de haute couture. J'ai eu des déchirures naturelles... Je m'y attendais, ma peau n'est vraiment vraiment pas élastique ! Ça a été très long avant que je puisse mettre Faustine au sein. Mais elle était là, elle regardait son papa, et j'étais heureuse qu'il en profite autrement qu'à travers les coups qu'elle mettait dans mon ventre.

 

Après avoir été soignée, on me la met enfin sur la poitrine, je fonds. Elle se jette sur mon mamelon et je suis rassurée de voir qu'elle connaît la route. J'ai hâte de remonter en chambre, je suis accrochée de partout , et le brassard de prise de tension me paralyse toutes les 5 minutes...

Mais après un accouchement, le temps médico légal est de 2h avant de pouvoir sortir de la salle. Alors on admire notre petite puce, toute mignonne dans son pyjama. Avec un tissus de l’hôpital de la mater sur la tête, pour ne pas comprimer son crâne un peu meurtri par la ventouse. La SF en chef vient nous féliciter et s'en va, elle avait fini sa nuit mais est restée jusqu'à ce que j'accouche. Elle repassera le soir, vraiment adorable !

 

L'aide soignante revient, me fait me lever et rejoindre un fauteuil roulant, un brancardier nous mènera jusqu'à notre chambre. Le temps est suspendu.

Ma fille, Faustine est né le 23 février à 8h20, notre petit cadeau de l'amour <3

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